Institut de Formation aux Métiers de la Santé (IFMS)

Conférence : le savoir infirmier au cœur de la pratique, de la formation et de la recherche

Mis à jour le 17.07.2026 - Publié le

L’IFMS du CHU de Nîmes a accueilli Marie-Soleil Hardy, Professeure à l’Université Laval au Canada pour un échange consacré aux sciences infirmières et à leur rôle dans la qualité des soins.

Enseignante chercheure en Sciences Infirmières, elle a été nommée directrice du programme de doctorat en sciences infirmières en juillet 2023, un mandat qui se poursuivra jusqu’en mai 2027. Elle participe notamment aux colloques internationaux annuels « Dialogue Nomade » initiés en 2006 par la professeure Clémence DALLAIRE, soit une série de rencontres, de réflexions et de discussions concernant les soins infirmiers.

Cette rencontre de ce jour a été proposée par Anne-Marie MOTTAZ, Infirmière puéricultrice formatrice et Docteure en Sciences de l’éducation, chargée de recherche pour l’IFMS et membre active de l’ARSI (Association de Recherche en Soins Infirmiers). 

La matinée a démarré par la visite de notre Institut puis suivie d’une intervention pédagogique de MS Hardy relative aux sciences infirmières, leur intérêt, leur enseignement et leur mobilisation pour la recherche infirmière. 

Cette communication était au bénéfice des formateurs des 3 sites de l’IFMS, et en présence de représentants de la Direction de la Qualité (DQGR) et de la Direction des Soins (DCGS), soit Sophie GRANIER (chargée de mission - Recherche-promotion interne) et Suleyman DAHMANI (cadre supérieur de santé - référent recherche paramédicale). A noter la présence de Mireille TAMANTI, ex-étudiante de l’IFSI et aujourd’hui IPA en soins primaires qui, dans les suites d’un travail de fin d’études remarquable, concrétise son appétence pour la Recherche en étant aujourd’hui Doctorante à l’Université de Saint-Etienne, Laboratoire EPIC.

A retenir !

  • L’essence de la Recherche en soins infirmiers, par l’utilisation des données probantes produites par les recherches des infirmier(ière)s, vise l’amélioration de la qualité des soins.

  • Différencier les notions de profession et de discipline, sans opposer la nécessaire imbrication entre la théorie et la pratique. L’infirmier ne se réduit pas à ses actes et doit formaliser ses « savoirs de métier ».

  • La lenteur de diffusion des savoirs infirmiers (délai de 17 ans objectivé entre la réalisation d’une recherche et la mise en œuvre des données probantes) ;

  • Le chercheur rend visibles les soins infirmiers grâce à une méthodologie scientifique d’observation et de recueil de données qualitatives et/ou quantitatives et l’utilisation, en cadre de référence, des théories infirmières et concepts de soins. 
    Pour exemple : une recherche réalisée auprès de personnes présentant un état de confusion (delirium) pour qui, des approches non médicamenteuses allant de l’écoute et d’une observation plus attentive, à la proposition d’activités comme une promenade, un repas accompagné, etc., ont permis de réduire la durée de séjour d’hospitalisation ainsi que le recours aux psychotropes.

  • Le partage d’un outil partant de la personne soignée : le Photovoice (photolangage). La personne malade ou l’aidant d’une personne illustre sa vie par des photographies puis est invité à expliciter son choix. Ainsi, un patient insuffisant cardiaque a photographié son chat : il s’agit de « son explication » à son refus d’être appareillé pour ses apnées du sommeil puisque son chat le réveille chaque fois qu’il fait une pause respiratoire.

  • Madame HARDY nous invite à ne pas craindre de se lancer dans la Recherche : c’est en produisant des savoirs issus de la pratique des soins infirmiers que nous prendrons activement part aux Sciences Infirmières. 

Pour ne pas conclure : 

A l’aune de la mise en œuvre du nouveau référentiel de formation infirmier 2026, cet échange : 

  • nous conforte dans le bien-fondé de la nécessité de ces évolutions vers le développement de la recherche en sciences infirmières ;

  • invite les formateurs à l’exemplarité dans la mobilisation et l’enseignement des sciences infirmières basées sur les données probantes, en vue de l’acculturation à la Recherche des futurs professionnels ;

  • augure des collaborations fortes entre l’IFSI et le terrain des soins, concrétisées par la co-construction de dispositifs innovants associant les soins infirmiers, la recherche et l’enseignement.

Merci Mme HARDY pour avoir réaffirmé que les infirmier(ière)s sont leur propre leadership !!