Prévention santé

Cancer du col de l'utérus : « Nous pouvons espérer l'éradiquer grâce à la prévention »

Mis à jour le 03.06.2026 - Publié le

À l'occasion de Juin Vert, mois national de sensibilisation au dépistage du cancer du col de l'utérus et à la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV), le CHU de Nîmes a accueilli le lancement régional de la campagne organisé par l'ARS Occitanie. L'occasion pour les acteurs de santé de rappeler un message fort : grâce au dépistage et à la vaccination, ce cancer pourrait devenir l'un des premiers à être éliminé comme problème majeur de santé publique.

les intervenants ont porté un message commun : le cancer du col de l'utérus peut être évité

Le CHU de Nîmes a accueilli le 2 juin dernier le lancement régional de Juin Vert, organisé par l'Agence régionale de santé Occitanie. Cette conférence de presse a réuni l'ensemble des acteurs engagés dans la prévention : l'ARS Occitanie, le Centre régional de coordination des dépistages des cancers Occitanie (CRCDC-OC), l'Assurance Maladie, la Ligue contre le cancer ainsi que les équipes du CHU de Nîmes.

 

Tous les acteurs réunis pour un même message

Autour de François Mengin Lecreulx, Directeur général de l'ARS Occitanie, de Frédéric Rimattei, Directeur général du CHU de Nîmes, du Pr Pierre Mares, président du CRCDC-OC et gynécologue-obstétricien au CHU de Nîmes, de la Dre Marine Bonneau, gynécologue médicale au CHU de Nîmes, de Noémie Aldigier pour l'Assurance Maladie et de Charlotte Voulouzan pour la Ligue contre le cancer, les intervenants ont porté un message commun : le cancer du col de l'utérus peut être évité.

Cette ambition repose sur une stratégie aujourd'hui bien identifiée : vacciner les jeunes générations contre les papillomavirus humains, responsables de la quasi-totalité des cancers du col de l'utérus, et renforcer le recours au dépistage chez les femmes concernées.

Des pays comme l'Australie ou la Suède, qui affichent de très hauts niveaux de couverture vaccinale et de participation au dépistage, montrent qu'un tel objectif est désormais envisageable.

Lutter contre les idées reçues

Alors que la vaccination contre les HPV est recommandée chez les filles comme chez les garçons dès l'âge de 11 ans, plusieurs intervenants ont rappelé la nécessité de combattre les fausses informations qui continuent de circuler.

Le Pr Pierre Mares a notamment rappelé qu'aucun lien n'a été démontré entre la vaccination contre les HPV et la survenue d'une sclérose en plaques. Il a souligné que l'efficacité et la sécurité de ce vaccin sont aujourd'hui largement démontrées par les données scientifiques disponibles.

Malgré une progression encourageante, la couverture vaccinale demeure insuffisante. En Occitanie, seuls 50,8 % des filles et 31,9 % des garçons de 16 ans disposaient d'un schéma vaccinal complet en 2025.

🔍 Vrai ou Faux : les idées reçues sur le cancer du col de l'utérus et la vaccination HPV

Les papillomavirus humains (HPV) sont responsables de la quasi-totalité des cancers du col de l'utérus. Pourtant, de nombreuses idées reçues persistent autour de la vaccination et du dépistage. Faisons le point.

❓ Le vaccin HPV provoque la sclérose en plaques.

❌ Faux

Aucune étude scientifique n'a démontré de lien entre la vaccination contre les HPV et la sclérose en plaques. Les données de surveillance et de pharmacovigilance confirment la sécurité du vaccin.

➡️ Source : Organisation mondiale de la Santé (OMS)


 

❓ La vaccination HPV encourage les comportements à risque.

❌ Faux

Aucune étude n'a montré que la vaccination modifie les comportements sexuels ou augmente la prise de risque chez les adolescents.

➡️ Source : Haute Autorité de Santé (HAS)


 

❓ Le dépistage suffit, la vaccination est inutile.

❌ Faux

Vaccination et dépistage sont complémentaires. La vaccination permet de prévenir la majorité des infections à HPV, tandis que le dépistage détecte les lésions précancéreuses ou les cancers à un stade précoce.

➡️ Source : Institut national du cancer (INCa)


 

❓ Le cancer du col de l'utérus ne concerne que les femmes.

❌ Faux

Les HPV peuvent également être responsables d'autres cancers chez les hommes, notamment au niveau de l'anus, du pénis ou de la sphère ORL. C'est pourquoi la vaccination est recommandée pour les filles comme pour les garçons.

➡️ Source : Institut national du cancer (INCa)


 

❓ Le dépistage du cancer du col de l'utérus est douloureux.

❌ Faux

Le prélèvement est généralement rapide et peu douloureux. Réalisé par un médecin, une sage-femme ou dans certains laboratoires d'analyses médicales, il ne dure que quelques minutes.

➡️ Source : Assurance Maladie


 

❓ Le vaccin HPV ne concerne que les filles.

❌ Faux

Depuis 2021, la vaccination contre les HPV est recommandée chez les filles comme chez les garçons afin de prévenir plusieurs cancers liés à ces virus.

➡️ Source : Haute Autorité de Santé (HAS)


 

❓ Je suis ménopausée, je n'ai plus besoin de me faire dépister.

❌ Faux

Le dépistage reste recommandé jusqu'à 65 ans selon les modalités du programme national, même après la ménopause. Le risque ne disparaît pas avec l'âge.

➡️ Source : Assurance Maladie

Les progrès réalisés ces dernières années ouvrent des perspectives inédites

Le cancer du col de l'utérus est le seul cancer que l'on peut espérer éradiquer grâce à la prévention.

Pr Pierre Marès
Président du CRCDC-OC et gynécologue-obstétricien au CHU de Nîmes

Dépister tôt pour éviter la maladie

Le cancer du col de l'utérus se développe généralement très lentement, parfois sur une période de dix à vingt ans après l'infection initiale par un papillomavirus humain.

La Dre Marine Bonneau a rappelé que le dépistage permet d'identifier des lésions précancéreuses avant qu'elles n'évoluent vers un cancer. Détectées suffisamment tôt, ces anomalies peuvent aujourd'hui bénéficier de prises en charge ciblées et peu invasives, évitant dans de nombreux cas des traitements plus lourds.

Elle a également souligné que le dépistage reste efficace et pertinent à tous les âges concernés par les recommandations nationales.

Lors de son intervention, François Mengin Lecreulx a insisté sur l'importance du diagnostic précoce.

Le dépistage organisé concerne toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans, y compris celles qui ont été vaccinées contre les HPV. Pourtant, près d'une femme sur trois concernée ne réalise pas encore son dépistage en Occitanie.

Aujourd'hui, on peut guérir du cancer du col de l'utérus à condition qu'il soit dépisté précocement.

Aller vers les femmes les plus éloignées du soin

Au CHU de Nîmes, la prévention se poursuit tout au long de l'année. La Dre Marine Bonneau a notamment mis en avant les consultations de gynécologie proposées aux patientes de la Maison des femmes.

Ces consultations permettent de faciliter l'accès au dépistage et au suivi gynécologique pour des femmes parfois éloignées du système de santé ou confrontées à des situations de précarité et de vulnérabilité.

Un message commun pour renforcer la prévention

Pour Frédéric Rimattei, directeur général du CHU de Nîmes, la réussite de cette politique de prévention repose sur la mobilisation de l'ensemble des acteurs.

« Après la période Covid, les interrogations autour de la vaccination restent présentes dans une partie de la population. Plus que jamais, il est important que les acteurs de santé portent un message commun, clair, cohérent et fondé sur les données scientifiques. »

Aux côtés de l'ARS Occitanie, du CRCDC-OC, de l'Assurance Maladie, de la Ligue contre le cancer et de l'ensemble des professionnels engagés dans la prévention, le CHU de Nîmes poursuit sa mobilisation pour améliorer le recours au dépistage et à la vaccination.

Infos pratiques

Pour les femmes : le dépistage, un réflexe à prendre entre 25 et 65 ans

25 à 29 ans : Un frottis tous les 1 à 3 ans (les deux premiers à 1 an d’intervalle, puis tous les 3 ans si normaux).
30 à 65 ans : Un test HPV tous les 5 ans (si le dernier frottis était normal).
→ Gratuit : Pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie sur invitation (compte Ameli ou courrier postal).

✅ Prenez rendez-vous avec :

  • Votre médecin traitant, gynécologue ou sage-femme.
  • Un laboratoire d’analyses médicales (avec ou sans ordonnance).
  • Un centre de santé ou un centre d’examens de santé (Assurance Maladie).

→ Pas d’avance de frais si vous avez reçu une invitation (compte Ameli ou courrier).
 

Pour les parents : la vaccination HPV, une protection pour vos enfants

Filles et garçons : Vaccination recommandée de 11 à 19 ans (2 injections espacées de 5 à 13 mois).
Rattrapage possible jusqu’à 26 ans (3 injections).
→ Gratuit en milieu scolaire (collèges) ou remboursé à 65 % sur prescription (le reste souvent couvert par les mutuelles).

  • Chez un professionnel : Médecin, infirmier, sage-femme ou pharmacien (pour les +11 ans).
     

Les symptômes à ne pas ignorer (en l’absence de dépistage) :

Saignements vaginaux en dehors des règles.
Douleurs pendant les rapports sexuels ou dans le bas-ventre.
Pertes vaginales inhabituelles.
→ Un doute ? Consultez rapidement un médecin, gynécologue ou sage-femme.