Vaccination antigrippale : une étude pilotée par le CHU de Nîmes met en avant un vaccin de nouvelle génération
Le CHU de Nîmes est à l’initiative d’une étude multicentrique française démontrant qu’un vaccin antigrippal recombinant améliore significativement la réponse immunitaire à court terme chez les adultes souffrant d’obésité sévère. Publiés dans une revue internationale de référence, ces résultats ouvrent la voie à une adaptation des stratégies vaccinales pour les populations à risque.
Une avancée notable dans la prévention de la grippe chez les personnes à risque vient d’être publiée dans la revue Clinical Infectious Diseases. L’étude FLUO, initiée par le Pr Paul Loubet, aujourd’hui infectiologue au CHU de Nîmes, démontre qu’un vaccin antigrippal de nouvelle génération permet d’obtenir une réponse immunitaire plus efficace à court terme chez les adultes vivant avec une obésité sévère.
Le CHU de Nîmes a joué un rôle central dans cette recherche nationale, menée avec 15 centres en France. Le Pr Paul Loubet en est le premier auteur et a également obtenu, dès 2019, un financement dans le cadre du Programme Hospitalier de Recherche Clinique National (PHRC-N), à l’origine du lancement du projet.
Un besoin de données sur une population à risque
En France, l’obésité sévère concerne environ 6 % des adultes, soit plus de trois millions de personnes. Cette condition est reconnue comme un facteur aggravant des formes graves de grippe. Pourtant, jusqu’à présent, les données sur l’efficacité des vaccins dans cette population restaient limitées.
Pour répondre à cet enjeu, l’étude FLUO a été lancée sous la promotion de l’AP-HP et la coordination des réseaux de recherche clinique F-CRIN « FORCE » (nutrition et obésité) et « I-REIVAC » (vaccinologie).
Une méthodologie rigoureuse
L’essai randomisé multicentrique a inclus 206 adultes présentant une obésité sévère (IMC ≥ 35 kg/m²). Les participants ont reçu soit un vaccin antigrippal standard, soit un vaccin recombinant de nouvelle génération, conçu pour contenir une quantité plus élevée d’antigène (l’hémagglutinine) sans recourir au virus entier.
Des résultats probants à court terme
Les résultats mettent en évidence une réponse immunitaire significativement plus élevée avec le vaccin recombinant à 28 jours pour trois souches sur quatre (A/H1N1, A/H3N2, B/Yamagata). La tolérance des deux vaccins s’est révélée comparable, sans effets indésirables supplémentaires.
En revanche, à six mois, les différences entre les deux groupes ne sont plus significatives, suggérant un bénéfice principalement à court terme.
Les résultats de FLUO montrent qu'on ne peut plus envisager une approche unique de la vaccination contre la grippe chez les personnes à risque. Adapter les stratégies vaccinales, notamment grâce aux vaccins de nouvelle génération, est une piste concrète pour mieux les protéger.
Vers une vaccination plus personnalisée
Ces résultats renforcent l’idée d’une nécessaire personnalisation des stratégies vaccinales pour les populations à risque. Des travaux complémentaires devront toutefois confirmer l’efficacité clinique du vaccin recombinant et permettre d’établir des recommandations adaptées, dans un contexte d’augmentation mondiale de l’obésité.
Repères
- Nom de l’étude : FLUO
- Promoteur : AP-HP
- Premier auteur : Pr Paul Loubet (CHU de Nîmes / I-REIVAC)
- Financement : PHRC-N 2019
- Coordination : Réseaux F-CRIN « FORCE » et « I-REIVAC »
- Design : Essai randomisé multicentrique — 206 participants — 15 centres en France
- Publication : Clinical Infectious Diseases (accepté pour publication)
À propos du CHU de Nîmes
Le CHU de Nîmes regroupe près de 7 000 professionnels répartis sur trois sites : le campus hospitalo-universitaire Carémeau, l’hôpital universitaire de gérontologie Serre Cavalier, et l’hôpital universitaire de Réadaptation, Rééducation et Addictologie au Grau-du-Roi. Ses missions couvrent le soin, l’enseignement, la recherche, l’innovation ainsi que la prévention. L’établissement est reconnu pour son expertise en recherche clinique et en soins de haute qualité.