Santé

Allergie à la pénicilline : et si vous n’étiez pas réellement allergique ?

Mis à jour le 30.10.2026 - Publié le

Le CHU de Nîmes propose un test de réintroduction à la pénicilline afin de vérifier si l’allergie déclarée est réelle. Une démarche simple, encadrée par des professionnels de santé, qui permet, en l’absence de réaction, de lever une étiquette d’allergie parfois erronée et de favoriser l’utilisation des antibiotiques les plus adaptés.

Une allergie parfois déclarée à tort

Environ 5 à 15 % des adultes déclarent être allergiques à la pénicilline. Pourtant, près de 90 % d’entre eux ne le seraient pas réellement.

Cette mention d’allergie, lorsqu’elle n’est pas justifiée, peut limiter les possibilités de traitement et conduire à prescrire des antibiotiques de deuxième intention, parfois moins efficaces, moins bien tolérés ou davantage associés au développement de résistances bactériennes.

Vérifier si cette allergie est réelle constitue donc un enjeu important pour améliorer la prise en charge des patients et préserver l’efficacité des antibiotiques.

Le test PEN-FAST : de quoi s’agit-il ?

Le test PEN-FAST est un outil d’évaluation clinique qui permet d’estimer le risque d’allergie à la pénicilline à partir des antécédents médicaux du patient. Lorsqu’il indique un risque suffisamment faible, un test de réintroduction médicamenteuse peut être proposé sous surveillance médicale.

Au CHU de Nîmes, cette démarche est organisée par le Service des maladies infectieuses et tropicales (SMIT), en lien avec l’hôpital de jour.

Comment se déroule le test ?

Le parcours comprend plusieurs étapes :

  1. Une consultation médicale
    Un questionnaire permet d’étudier les antécédents du patient et d’évaluer le risque associé à la réintroduction. Le test n’est proposé que si le profil du patient le permet.
  2. Une prise d’amoxicilline sous surveillance
    Après information et recueil du consentement du patient, une dose d’amoxicilline, un antibiotique de la famille des pénicillines, est administrée par voie orale.
  3. Une surveillance médicale d’une heure
    L’équipe soignante surveille l’apparition éventuelle de signes de réaction allergique. En cas de réaction, elle dispose des moyens nécessaires pour assurer la prise en charge adaptée.
  4. Des résultats et un suivi
    En l’absence de réaction, le patient reçoit un document attestant du résultat du test. Son médecin traitant est informé et son dossier médical est actualisé. Un suivi téléphonique est également réalisé le lendemain afin de vérifier l’absence de symptômes retardés.

Un test encadré et des bénéfices concrets

Un test encadré et des bénéfices concrets

Le test est réservé aux patients dont le risque d’allergie est jugé faible. Les réactions éventuelles sont le plus souvent bénignes, tandis que les réactions graves sont exceptionnelles. Une surveillance médicale est prévue pour assurer la sécurité du patient.

Lorsque le test est négatif, la mention d’allergie à la pénicilline peut être retirée du dossier médical. Le patient pourra ainsi bénéficier, si nécessaire, d’antibiotiques de première intention, souvent plus adaptés et mieux tolérés.

La démarche contribue également à limiter le recours inutile à certains antibiotiques alternatifs et à lutter contre l’antibiorésistance.

La participation au test est volontaire. Le patient peut poser toutes ses questions à l’équipe médicale, refuser le test ou retirer son consentement à tout moment, sans conséquence sur la qualité de sa prise en charge.

Un test simple, rapide et sécurisé pour mieux vous soigner aujourd’hui et demain.

Dr Paul Laffont-Lozes
Pharmacien

Vous souhaitez en savoir plus ?

Le Service des maladies infectieuses et tropicales du CHU de Nîmes peut vous renseigner sur les modalités de cette démarche.

Service des maladies infectieuses et tropicales (SMIT)
CHU de Nîmes
Place du Professeur Robert Debré
30029 Nîmes

@email

Maladies Infectieuses et Tropicales (SMIT)

04 66 68 41 49