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TABAGISME CHEZ LA FEMME ENCEINTE : LE CHU PEUT VOUS AIDER !

 En France, la consommation de tabac des femmes est passée de 17 % en 1972 à 39 % en 1995. Parallèlement, Le nombre de femmes qui fument pendant leur grossesse est passé de 10 % à 25 %. Selon le baromètre Santé 2000, 38% de femmes de 18-25 ans, 37% des 26-34 ans et 33% des 35-44 ans fument régulièrement.

Parmi elles, 70 % des femmes fumeuses continuent à fumer pendant la grossesse et la majorité de celles qui arrêtent de fumer reprennent le tabac après l'accouchement. Cette progression est constatée dans la plupart des pays industrialisés, faisant du tabagisme de la femme enceinte un problème de santé publique grandissant.

Encore insuffisamment connus du grand public, les risques liés au tabagisme de la femme enceinte sont multiples. Nous n'aborderons pas ici les risques liés à la prise d'alcool et/ou de cannabis pendant la grossesse, rappelons simplement que les recommandations actuelles préconisent un niveau zéro de consommation de substances psycho actives (alcool, tabac, cannabis…) durant toute la grossesse.
De façon générale, le tabac augmente la fréquence d'un grand nombre de pathologies de la grossesse. Avant la grossesse, il faut savoir que la fertilité chez l'homme ou la femme est diminuée de moitié par le tabagisme.

Grossesse extra utérine
Le risque de grossesse extra utérine est augmenté chez la femme fumeuse et ce, dès la première cigarette.
Il est multiplié par 1,5 pour une consommation inférieure à 10 cigarettes par jour, par 3 à partir de 20 cigarettes et par 5 au-delà de 30.

Fausse-couche spontanée
Le risque de fausse-couche spontanée est lui aussi dose dépendant. Il est multiplié par 1,5 à 3 selon le cas. A partir de 20 cigarettes par jour, le risque de fausse-couche spontanée est de 20% et 35% au-delà de 35 cigarettes, alors qu'il n'est que de 10% chez les non-fumeuses. Le tabagisme passif (exposition d'au moins 1 heure par jour) augmente aussi le risque.

Prématurité
Le risque relatif moyen de ne pas mener une grossesse à terme chez la femme fumeuse est multiplié par 2. Ce risque est également dose dépendant. Ainsi, fumer moins de 20 cigarettes par jour serait responsable d'une augmentation de 20 % du nombre d'accouchements avant 38 semaines d'aménorrhée et fumer plus de 20 cigarettes par jour d'une augmentation de plus de 50 %.

Retard de croissance intra utérin
En France l'incidence du RCIU (retard de croissance intra utérin) serait de 5 % tous âges gestationnels confondus. Dans la région Nord, elle est de 9 % et augmente à 16 % si la consommation maternelle est inférieure à 10 cigarettes par jour et à 27 % si la consommation est supérieure 10 cigarettes par jour. Il n'y a pas de RCIU si la mère arrête le tabac avant 16 semaines d'aménorrhée. Même une faible consommation de tabac retentit sur la croissance fœtale. Ainsi la prévalence du RCIU passe de 8,5 % à 14,7 % pour une consommation de 1 à 5 cigarettes par jour et à 18,7 % si elle dépasse 10 cigarettes par jour.

Malformations foetales
Ce point est controversé. Certains auteurs ont avancé une possible augmentation des anomalies du tube neural, des fentes labio-palatines, des anomalies des membres, des malformations urinaires ou cardiaques.

Mort fœtale in utero (MFIU)
Onze pour cent des MFIU tardives serait imputables au tabac en raison des complications placentaires et du RCIU.

Autres effets chez le foetus
Enfin le tabac diminue la fréquence du rythme respiratoire fœtal, la variabilité du rythme cardiaque fœtal, les mouvements fœtaux et augmente le débit cardiaque et la fréquence cardiaque.

Mort subite du nourrisson
Il existe une augmentation du risque de mort subite du nourrisson. Ce risque serait multiplié par 2 si la mère a fumé pendant la grossesse. Ce risque serait dose dépendant (1,8 et 2,7 respectivement si la consommation est supérieure ou inférieure à 10 cigarettes par jour).

Infections respiratoires Asthme
Le tabagisme maternel favorise la survenue d'infections respiratoires et de l'asthme. Ainsi une étude sur 12740 enfants montraient que les infections respiratoires basses de 0 à 5 ans étaient corrélées avec le tabagisme de la mère pendant la grossesse alors qu'elles ne l'étaient pas avec le tabagisme passif d'origine paternel ou maternel.

Tabagisme et allaitement
Le tabac diminue la production lactée par l'intermédiaire d'une diminution du taux de prolactine (de 30 à 50 %). La nicotine passe rapidement dans le lait car elle est peu liée aux protéines plasmatiques.

Devenir de l'enfant
Certains auteurs ont mis en évidence une relation entre la consommation de tabac pendant la grossesse et le développement psychomoteur ou cognitif de l'enfant. Ainsi, une étude portant sur 17 000 enfants a mis en évidence une diminution significative des scores de lecture et de mathématiques à l'âge de 7, 11 et 16 ans, et un niveau socio-professionnel bas à l'âge de 23 ans dans le groupe de sujets exposés au tabac pendant la grossesse. Le suivi de 1265 enfants pendant 15 ans a montré une augmentation significative des troubles du comportement chez ceux dont les mères avaient fumé plus de 20 cigarettes par jour pendant la grossesse. Toutefois, il est difficile d'évaluer le risque spécifique lié à l'exposition du fœtus au tabac sur le développement cérébral de l'enfant. D'autres facteurs pouvant affecter ce développement coexistent souvent avec le tabagisme maternel.

Dr Remi TARGUETTA - Service Addictologie - CSAPA - Chu de Nîmes


Actualité : Le CHU de Nîmes participe à l'étude SNIPP

Les risques liés à la consommation de tabac pendant la grossesse étant, pour la mère comme pour l'enfant à naître, bien réels, le sevrage tabagique est donc indispensable.

Dans le cadre de la lutte contre le tabagisme de la femme enceinte, la Direction Générale de la Santé a lancé l'Etude SNIPP qui est une évaluation de l'efficacité des traitements substitutifs nicotiniques chez 400 femmes enceintes fumeuses avec 2 innovations importantes : Adaptation des doses de traitement en fonction du dosage de la cotinine salivaire (donc de la nicotine) et prise en charge totalement gratuite y compris les patchs.

Les services Gynéco-obstétrique et Addictologie du CHU de Nîmes participent à cette étude. Si vous souhaitez y participer ou simplement en savoir plus, découvrez ici les critères d'admissions.


Conflits d’intérêts : l' auteur n’a pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données  publiées dans la référence citée.

ATTENTION : Les articles proposés sur ce site internet n'ont qu'une valeur informative.
En aucun cas, ils ne peuvent se substituer à une consultation auprès d'un professionnel de santé.

 
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Dernière mise à jour : 19/11/2013