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11 juin 2018 Article au format pdf

L'innovation en France est permanente

Le Pr Jean-Paul Beregi, en corollaire de ses fonctions de Chef du service d'Imagerie médicale et du pôle AMIE du CHUN, est le 1er membre de la Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies (CNEDIMTS) de la Haute autorité de santé (HAS). Il nous livre quelques pistes pour simplifier les parcours de l’innovation.

Quels sont, actuellement, les freins à l’innovation ?

Jean-Paul Beregi : L’innovation est permanente. Mais ce n’est pas parce qu’une innovation est nouvelle qu’elle apporte un bénéfice aux patients et qu’elle améliore la prise en charge d’une maladie. Elle doit être ensuite intégrée dans le quotidien des médecins. Les étapes sont multiples et longue. Or, l’innovation évolue vite, notamment en matière informatique. Tous les six mois, une innovation est lancée. Le temps de les évaluer scientifiquement, deux à trois nouvelles générations d’innovation apparaissent !
Également, la prise en charge des innovations par l’Assurance maladie suppose de nouvelles analyses et un avis de la Haute autorité de santé (HAS), ainsi que le financement de l’innovation. Nous n’avons plus, dans le secteur de l’imagerie, de grandes entreprises françaises capables de pouvoir soutenir des coûts qu’implique l’innovation. De plus, les entreprises du dispositif médical doivent faire face à un renforcement considérable des règles de mise sur le marché de leurs dispositifs. Si plusieurs aides financières existent, tel le forfait innovation pour les dispositifs médicaux, les procédures sont toutefois longues et coûteuses.

Quelles solutions préconisez-vous pour améliorer l’innovation en France ?

JPB : Aujourd’hui la radiologie et l’imagerie médicale n’apparaissent qu’à la marge dans les grands plans nationaux tels que le plan Alzheimer, le plan Cancer. En otre, les financements et la recherche sont essentiellement concentrés sur des maladies, la biologie et la génétique. L’imagerie médicale est moins présente, pour des raisons historiques, avec la disparition des fabricants français. Je plaide pour la création d’un fonds destiné à la radiologie médicale pour renforcer l’innovation dans ce secteur. Celle-ci est fondamentale pour l’amélioration du dépistage, du diagnostic, du traitement et du suivi de nombreuses pathologie et le développement de la « radiologie 5 P » (Prédictive, Préventive, Participative, fondée sur des Preuves).

L’intelligence artificielle, la télémédecine et l’ouverture des données de santé ouvrent-elles de nouvelles perspective ?

JPB : L’utilisation et la protection des données de santé sont strictement encadrées en France et la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) est vigilante. Nous sommes limités par cette réglementation rigide. L’ouverture des données de santé via le Système national des données de santé (SNDS) nous permettra d’avoir accès à des données et analyses auxquelles nous n’avions pas accès auparavant. Mais cela ne répond que partiellement à nos besoins en matière de recherche.
Le potentiel de l’intelligence artificielle (IA) est conséquent en radiologie pour développer l’aide à la décision médicale et l’analyse des données de manière automatisée et comparative avec auto-apprentissage régulier. Mais l’IA pose encore la question de la responsabilité et de la reproductibilité des décisions qui sont prises grâce à elle, ainsi que celle de la formation des médecins radiologues de contrôle et de responsabilisation.
Enfin, la Loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 (LFSS 2018) ouvre la voie à la généralisation de la télémédecine, des téléconsultations et des télé-expertises. De fait, nous avons de belles perspectives en matière de télé-radiologie. Tout ceci doit être encadré juridiquement financé et médicalement organisé.

Rédaction Chloë DIAGNE
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Rédaction en chef Benjamin HÉRAUT
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Développeur Web Olivier FRIGOUT
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