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Epidémiologie

  1. Incidence et répartition géographique

    La brucellose demeure une maladie endémique dans de nombreux pays du Monde. Elle est majoritairement attribuée à B. melitensis. Toutefois aucune étude ne permet d’estimer l'incidence et les taux de mortalité.

    La brucellose est endémique dans tout le bassin méditerranéen (surtout en Turquie et Israêl mais aussi Portugal, Macédoine, Albanie, Grèce, et Maghreb) et au Moyen-Orient, avec une incidence estimée à plus de 100 cas pour 100 000 personnes-années en Irak, Jordanie et Arabie saoudite. Dans les pays européens méditerranéens une nette amélioration est actuellement observée.

    L'incidence de la brucellose dans les pays d'Asie centrale, comme le Kirghizistan et l'Azerbaïdjan, est aussi élevé. La brucellose est également endémique en Asie du Sud Est (Chine et Corée). Peu de données sont disponibles en Afrique sub-saharienne : le Tchad, la Tanzanie, l’Ethiopie et le Nigeria sont atteints par cette pathologie. En Amérique centrale et du Sud, de nombreux pays sont également endémiques. L'incidence de la brucellose au Mexique a été estimée à 25,7 cas pour 100 000 années-personnes, comparativement au 0,02 cas pour 100 000 années-personnes aux États-Unis. L’Argentine, le Pérou, le Guatemala et le Panama sont également touchés. En Océanie, une étude menée dans les îles polynésiennes de Wallis et Futuna a montré une forte incidence de B. suis attribuée à la forte prévalence de l'élevage de porcs dans ces iles.

    En France, la brucellose est une maladie à déclaration obligatoire. La surveillance de cette anthropozoonose est organisée par l’action conjointe de Santé Publique France (ex-institut de veille sanitaire), du Centre national de référence des Brucella (Unité des zoonoses bactériennes, ANSES, Maisons-Alfort) et de son laboratoire associé (Service de Microbiologie, CHU Nîmes-INSERM U1047) sous la tutelle du Ministère de la Santé. Son incidence a considérablement diminué ces 30 dernières années (< 0,1/100 000 habitants, < 50 cas déclarés par an) du fait des plans de lutte contre la brucellose animale reposant sur le dépistage organisé de la brucellose chez les ruminants, de l’abattage intégral des troupeaux atteints et de la vaccination des petits ruminants. La Commission des communautés européennes a reconnu la France comme Etat indemne de la brucellose bovine. La brucellose des porcins a quasi disparu dans les élevages extensifs hors sols. Il existe une persistance de B. suis bv 2. chez les sangliers et les lièvres, avec des contaminations possibles des porcins élevés en plein air. Un épisode isolé chez des bovins et 2 cas humains est survenu dans les Alpes en 2011/2012 suite à la persistance de l’infection dans un réservoir sauvage, le bouquetin et des cas surviennent régulièrement en Polynésie Française liés à B. suis bv1. Sinon la majorité des cas humains diagnostiqués sont importés de pays ou de zones endémiques (Maghreb, Turquie, Portugal…).

  2. Réservoir et modes de transmission

    La brucellose est avant tout une maladie animale et les animaux domestiques d’élevage (bovins, ovins, caprins) constituent le réservoir de l’infection pour l’homme. Des animaux sauvages tels que le renne, le caribou, le bison, le yack jouent un rôle de réservoir dans certaines parties du monde. Enfin, des souches de Brucella peuvent infecter des mammifères marins. La spécificité d’hôte à chaque espèce est relative : B. melitensis infecte les ovins et les caprins, B. abortus domine largement chez les bovins, B. suis est spécifique des porcs. Ces animaux sont souvent infectés de façon chronique et rejettent les bactéries dans l’environnement par les produits d’avortement et le lait chez les femelles, leurs urines ou leurs fèces.

    L’homme contracte la brucellose :

    - soit par voie indirecte par voie digestive lors de l’ingestion de produits laitiers (lait non pasteurisé et produits transformés à base de lait cru), et abats insuffisamment cuits contaminés ou par inhalation de poussière ou d’aérosol de litière contenant les bactéries ;

    - soit par voie directe par voie cutanéo-muqueuse lors de contacts professionnels (vétérinaires, éleveurs, ouvriers des abattoirs, équarrisseurs,…) avec des animaux malades. les produits d’avortement, les placentas, les sécrétions génitales, les litières et les cultures bactériennes sont avec le bétail lui-même les sources de la contamination. La contamination peut également se produire par voie respiratoire ou par voie conjonctivale.

    Il n’y a pas de contamination interhumaine. La transmission à l’homme et la prévalence de l’infection dans le monde sont liées aux habitudes alimentaires, aux modes d’élevage et aux mesures sanitaires locales. L’infection digestive prédomine dans les pays où la pasteurisation du lait n’est pas systématique. Dans ces pays, la contamination digestive est responsable d’épidémies dans les villes touchant une population citadine n’ayant pas eu de contact avec des animaux infectés. Les contaminations dans les laboratoires de biologie (techniciens de laboratoire, biologistes) représentent une des sources majeures d’infection lors de manipulation des cultures de Brucella (en raison des capacités des cultures brucelliennes à former des aérosols) ou lors de la manipulation des vaccins animaux chez les vétérinaires et les éleveurs. Enfin le passage transplacentaire de la mère à l’enfant et les transmissions sexuelles interhumaines sont exceptionnels.


CNR BRUCELLA

Centre National de Référence Brucella

Service de Microbiologie
CHU de Nîmes
Place du Pr R. Debré
30029 Nîmes Cedex 9

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© 2017 - CHU de Nîmes - Tous droits réservés
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